La situation humanitaire au Burkina Faso en 2023 est plus préoccupante que jamais. Un Burkinabè sur 5, soit 4,7 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, et environ une personne sur 10, soit 1,9 million de personnes se sont déplacées à l’intérieur du pays à la date du 31 décembre 2022. Les besoins des personnes affectées ont augmenté à la fois en termes de gravité et d’échelle géographique par rapport à 2022. Environ 89 000 personnes se trouvent dans des conditions classées au niveau 5 « catastrophe » selon le cadre intersectoriel d’évaluation des besoins, c’est-à-dire le plus haut niveau de classification.
Les conflits, les conséquences du changement climatique, les déplacements volontaires ou forcés ont des répercussions différentes sur les femmes, les hommes, les filles, les garçons et les groupes particulièrement vulnérables. Ces situations amplifient les vulnérabilités existantes et risquent de compromettre la sécurité alimentaire et nutritionnelle et l’accès des personnes aux besoins fondamentaux. Lors de situations d’urgence telles que le Burkina Faso expérimente ces dernières années, la relation entre les acteurs humanitaires et les populations affectées est caractérisée par une extrême inégalité de pouvoir. Les risques d’exploitation et d’abus sexuels (EAS) sont donc amplifiés puisque les acteurs humanitaires sont perçus par les communautés comme les uniques détenteurs de leur accès à l’assistance. Cette situation inégalitaire se traduit de manière radicale dans le contexte de l’assistance alimentaire qui remplit un besoin vital. Le rapport de force inégal incite certains travailleurs humanitaires et certains membres des communautés qui interagissent avec les populations recevant de l’assistance à abuser de leur position de force, réelle ou prétendue.
Les opérations du PAM au Burkina Faso comprennent l'aide alimentaire d'urgence, l'alimentation scolaire, le traitement et la prévention de la malnutrition, les activités de renforcement de la résilience, le soutien des petits exploitants agricoles pour l’accès au marché et les programmes d'assurance, le renforcement des capacités nationales, la logistique et les services communs, ainsi que le Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS).